HomeContact Nawaat 2.0 Hub   
 
 

  Nawaat 2.0 Hub (Beta version) - Code and design by Nawaat.org Important notice

Les prisonniers politiques et les condamnations multiples

Une injustice qui doit cesser

Traduit de l’Arabe par Luiza Toscane.

(…) Les prisonniers et leurs familles ont attiré l’attention des militants des droits de l’homme [

Signalons que plus de 120 prisonniers politiques ont passé en prison une période dépassant la durée légale, et ce en vertu de condamnations multiples pour les mêmes faits avant leur élargissement à diverses occasions dans le passé. Parmi eux quatre prisonniers qui ont bénéficié de la « grâce de 2005 » et de la « grâce de février 2006 » : Ali Neffati, Taoufik Fatnassi, Ahmed Abdelli, et Nacer Bejaoui qui n’ont été intégrés à la liste des prisonniers libérés qu’après que l’organisation Human Rights Watch ait soulevé le problème des condamnations multiples.

Quant aux prisonniers Taoufik Chaïeb et Lotfi Amdouni qui ont mené des grèves de la faim en prison, respectivement de 52 jours et de plus de 67 jours (dont 15 jours de coma), ils n’ont été libérés qu’après avoir été exténués par leurs grèves et suite à une intervention de l’organisation Human Rights Watch, de la Croix Rouge Internationale, de l’AISPP et d’Amnesty International, qui ont adopté leur cas, car ces prisonniers n’avaient d’autre recours que la grève de la faim pour sensibiliser la société civile tunisienne et faire parvenir leur voix aux organisations internationales et leur faire connaître l’injustice qui les poursuivait [

Il n’est plus guère utile aujourd’hui de se demander si ces procès remplissaient les conditions de procès équitables car au regard de ce qu’ont produit les prisons et de ce qu’elles continuent de produire, la question est aujourd’hui de savoir comment une justice en arrive à consumer les prisonniers politiques et à les priver de leurs mères, de leurs femmes et de leurs enfants sans raison légale ? Qu’est-ce qui pousse une justice qui s’enorgueillit de son indépendance à refuser la jonction des affaires (…) ? La mort a rattrapé le prisonnier politique Ridha Khemiri à la suite d’une grève de la faim qu’il a entamée lorsqu’il s’est vu refuser la jonction des affaires car il avait été condamné à plusieurs reprises pour les mêmes faits [

A l’instar de la libération du prisonnier politique Lotfi Amdouni après la délivrance d’une levée d’exécution de la peine par le procureur auprès de la Cour d’Appel, suite à l’examen de ses condamnations multiples, on peut dire que ces injustices ne prendront fin qu’avec le respect dû au droit des prisonniers de voir leurs condamnations révisées et la levée de l’exécution de leurs peines. (…)

(Source : Nawaat, reprise d’El Maoukef n°374 du 22 septembre 2006)

(Traduction d’extraits ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)

[1] L’AISPP a mentionné dans son communiqué du 28 avril 2006, ce que les familles lui répercutaient à savoir que nombre de prisonniers politiques étaient alors incarcérés, au titre de condamnations multiples pour les mêmes faits. L’association a exhorté les autorités judiciaires, dans ce même communiqué, à réviser les dossiers d’environ trente prisonniers dont elle a cité les noms, qui sont à ce jour toujours victimes de cette injustice.

[2] L’ex prisonnier politique Taoufik Chaïeb a été condamné à trois reprises pour la même accusation et par le même juge. Dans le cas du prisonnier Lotfi Amdouni par exemple, on aurait pu supposer que les peines qui lui avaient été infligées prendraient fin en 2001, mais il a supplié les officiels et les organisations pendant quatre années jusqu’à ce que les organisations interviennent. Suite à quoi, l’administration l’a convoqué pour qu’il rencontre un représentant du ministère de la Justice qui lui a confirmé après investigation qu’il s’avérait qu’il avait effectivement été prononcé contre lui des condamnations multiples et qu’il aurait dû être libéré depuis belle lurette. Notre prisonnier aura ainsi passé en prison un « surplus de justice » de quatre ans.

[3] Ridha Khemiri a rendu le dernier soupir avant que l’ambulance ne parvienne à l’hôpital de Monastir.

[4] Jusqu’en 2000, Hechmi Mekki n’avait pas été affecté par la maladie qui est devenue par la suite en tumeur maligne, et lorsqu’il a été libéré en mars 2006, les médecins ne pouvaient plus lui éradiquer le mal avait fait des métastases sur l’ensemble du corps.

Post a Response

Print This Post Print This Post Close
E-mail It